Sous l'oeil de Félicien...

Sous l'oeil de Félicien...
A lire tant d'histoires de cochons sur les bords de la Lys, je ne puis résister
à vous servir, en alexandrins, , une préparation frugale, humblement imprégnée de Racine(s) à la sauce cominoise, et inspirée de recettes de Marcel Kanche...
Bref, un poème pour s'amuser, sans arrière-pensée et, je l'espère, sans arrière-goût ! Puisse-t-il, à vos yeux, ne pas finir en eau de boudin...



Funestes saveurs de l'amour...

Dora, ne les avions-nous pas gardés ensemble,
Sous verre, tous ces porcelets de porcelaine ?
Mais le jour s'assombrit, nos v½ux se désassemblent.
Aux lumières de l'amour succède la haine.

Cruelle, tu as préféré collectionner,
Avec patience, mille tours de cochon !
J'en ai bavé, tu m'as salé, je suis grugé.
Tu me juges trop jeune, trop laid, trop grognon.

De l'Inde tu loues les délices les plus floues,
De l'Europe tu goûtes les perversités.
Victime de ta chair rose, de ton sein doux,
De ton pied tendre, je péris désargenté !

« Tout être a dans son c½ur un cochon qui sommeille »,
« Qui frotte le lard se perd », « Qui vivra verra ».
Que me servent ces adages blessant l'oreille,
De la langue tristes rebuts et reliquats ?

Pourrais-je supporter un semblable supplice ?
Par l'habile Cupidon mon c½ur embroché
Saigne sans cesse, remplissant le saint calice.
Sur le gril de l'oubli, il doit se consumer.

De toi, je garde un fin médaillon, ma belle.
Mais je fendrai le cuir de la mélancolie.
De thym je ferai fumer les divins autels
Pour être délivré de mon amour des truies !

# Posté le samedi 05 mai 2007 11:53

Modifié le dimanche 06 mai 2007 01:53

Position 4

Position 4
L'intéressante revue française Arts magazine s'interroge, dans son 14ème numéro, sur les femmes qui se cachent derrière les chefs-d'½uvre. On y retrouve entre autres Simonetta Vespucci, Kiki de Montparnasse, Gala.

Souvenons-nous aussi de cette jeune muse de 14 ans qui fut le modèle d'une sculpture dont la copie en bronze attire aujourd'hui tous les regards des visiteurs du Musée d'Orsay.

La sculpture originelle en cire est l'½uvre d'Edgar Degas. Regardez ci-contre la copie en bronze, coulée après la mort de l'artiste. Elle a les traits de Marie Van Goethem, jeune fille d'immigrés belges, à laquelle Charlotte (10 ans) rend hommage à sa façon.

A l' exposition impressionniste de 1881, le public fut scandalisé par l'apparence animale de la fille, par l'hyperréalisme (aujourd'hui si prisé en art!) causé par le tutu en gaze, le ruban en tissu, les vrais cheveux et les véritables chaussons ! Un père s'est écrié : « Fasse le Ciel que ma fille ne devienne pas une danseuse ! » Certains ont fui! D'autres encore ont été subjugués par son maintien et son regard, mais n'y ont vu finalement que provocation, effronterie et bestialité !

Degas l'a rencontrée en 1878, deux ans avant de commencer la sculpture. Elle a retenu son attention à l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris, lieu qu'il fréquentait assidûment car il aimait représenter des sujets réalistes qu'on disait à l'époque indignes du grand art, sujets où l'on effleure la grâce du corps en mouvement. Il croquait ces jeunes danseuses, mais n'improvisait pas, ni ne peignait sur le vif. Chaque détail était pensé en atelier. « Rien en art ne doit ressembler à un accident, même le mouvement », a-t-il écrit. D'ailleurs, la sculpture devait servir sa peinture. Pas question pour lui d'en faire des ½uvres à vendre !

Engagée à 15 ans au Corps de ballet de l'Opéra, Marie Van Goethem n'était pas la seule de sa famille à en faire partie. Elle avait deux s½urs dont l'une, la benjamine Charlotte, devint professeur de danse. Afin d'augmenter les revenus de la famille, certaines mères n'hésitaient pas à placer leurs filles dans les écoles de danse, espérant y rencontrer de riches amateurs qui auraient le goût des jeunes filles... On retrouve parfois ces mères dans les tableaux de Degas spectatrices des répétitions de danse. Cette Charlotte a peut-être voulu éviter le triste sort de ses s½urs Marie et Antoinette qui, après avoir quitté le monde du ballet, s'adonnèrent au vol et, semble-t-il, sombrèrent dans la prostitution.

On ne sait pas comment Marie finit exactement son existence, mais on en gardera toujours « la forme et l'essence divines . »

# Posté le dimanche 06 mai 2007 07:02

Modifié le dimanche 06 mai 2007 09:30

Résurrection...

C'est reparti ! Ce blog ressuscite ! Osons toujours le pari de combiner légèreté, gravité, réflexion et humour. Oui, humour ! Mais à écouter l'une ou l'autre voix, ce blog ne ménagerait pas suffisamment d'occasions de remuer la panse ou de frôler la miction incontrôlée, je veux dire de dérouiller les zygomatiques !

Pas assez de quoi rire ? Vous voulez donc rire pour rire ? Alors allez-y en visionnant cette vidéo d'un automate du Musée de Souillac à laquelle il a fallu ajouter le bruitage du rire.

Tentez maintenant l'expérience de couper le son et d'y superposer votre propre rire. Si, si, tordez-vous le cou pour mieux voir l'automate rire ! Ah, là, c'est un peu moins drôle, n'est-ce pas ? Vous avez l'impression de participer à un karaoké face à l'écran où Henri Salvador répond à une question de Drucker ! Eh oui, quand on se force à rire, à s'esclaffer, bien vite surgit le sentiment de l'étrangeté, de la superficialité des choses, de la vie. Comme un malaise baroque...

La question est de savoir maintenant comment relancer ce blog. En rappelant par exemple à la question posée le 22 juin 2007 par la blogonaute M-J : « A quand la boîte à musique ? ». Laissons à France 2, en particulier à sieur Zygel , le soin de répondre à la question. Cliquez ici.

J'y reviendrai dans l'article suivant. Ce serait trop facile sinon !
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 07 août 2007 04:46

Modifié le mardi 07 août 2007 13:17

Le degré Zéro de la Musique...

On ne peut que louer la démarche pédagogique de Jean-François Zygel.
Je vous recommande franchement cette émission, sauf si votre culture musicale est suffisante.


Un petit bémol cependant (le contraire vous eût étonné !) : l'inutilité de la présence d'invités sur le plateau de l'émission. Par exemple, ce vendredi 3 août , l'émission consacrée à l'opéra recevait entre autres Karl Zéro, bien pâle à côté des musiciens professionnels, plutôt « nul » en la matière (je n'invente rien, il l'avoue ). Ses interventions furent plutôt vaines ! Il ne semblait même pas vraiment assurer une quelconque promotion (quoique...).

Observez dans la vidéo les plans centrés sur Zéro. Ils semblent accentuer son ingénuité. Il ne m'en voudra pas, lui qui aime tant les montages au risque de déformer la réalité, de l'avoir mis entre les bras de Morphée ...

Peut-être que certains invités comme Karl Zéro tiennent le rôle du miroir rassurant : inconsciemment, le spectateur totalement néophyte ne se sentirait plus si seul dans le gouffre de l'ignorance... Ce serait bien puéril, mais n'est-ce pas dans l'air du temps de prendre tout un chacun par la main ?...

# Posté le mardi 07 août 2007 08:02

Modifié le jeudi 09 août 2007 14:43

Invitation

Visionnez cette courte séquence de l'émission de La Boîte à musique consacrée au piano, de quoi vous inciter à passer 1H30 en compagnie de J-F Zygel, le vendredi soir. Elle vous donne une petite idée du principe de l'émission et de ses vertus pédagogiques et ludiques (dans le noble sens du terme).
Non, non. Je n'ajoute rien quant à la présence de "vedettes" (un trublion, un écrivain, un musicien)...

# Posté le lundi 20 août 2007 04:50