Merci

Ne quittons pas la musique et le piano en particulier. Vous en avez quelques notes dans la bande-annonce ci-contre d'un film d'Ingmar Bergman, Sonate d'automne, que j'ai eu le plaisir de regarder tout récemment. Faites de même et pénétrez la relation terrible et oppressante entre une mère (Ingrid Bergman, stupéfiante) et sa fille (Liv Ulmann qui a vécu avec Ingmar Bergman; le prochain article vous propose son interview).

Que n'a-t-on dit ou écrit sur ce cinéaste disparu le 31 juillet dernier ! "Films pour intellectuels", a-t-on entendu parfois. Il n'en est rien ! Pour les apprécier, il faut un minimum de sensibilité vu leur caractère psychologique. "Films trop lents! " : faux également ! Capter les secrets de l'être n'est pas envisageable sur un rythme endiablé ! Comme si l'on jouait du Tchékhov à la vitesse des comédies de boulevard !!!

Merci à ce monstre sacré d'Ingmar Bergman qui est un de ceux qui ont donné au septième art ses lettres de noblesse. Ils ne sont pas si nombreux...

# Posted on Monday, 20 August 2007 at 5:29 AM

Edited on Tuesday, 21 August 2007 at 3:11 AM

Interview de Liv Ullman

De préférence, pour celles et ceux qui ont vu le film Sonate d'automne.
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# Posted on Monday, 20 August 2007 at 5:35 AM

Pianorama sur le bout des doigts...

On connaît toute une série de films sur le thème du piano : La Leçon de piano (Campion, 93), La Pianiste (Haneke, 2000), Le Pianiste (Polanski, 2001), De battre mon coeur s'est arrêté (Audiard, 2004), ...

Peut-on m'autoriser à vous proposer un bref extrait de l'excellent film d'Yves Angelo, à savoir Sur le bout des doigts (2001)? Il met en jeu lui aussi une mère pianiste et sa fille. Sans le vouloir la jeune Julie, musicienne prodige, fait de l'ombre à sa mère, professeur de piano, interprétée par la sublime Marina Hands (Lady Chatterley 2007) !Un superbe film. Mais n'en écrivons pas plus. Je vous recommande plutôt d'acheter ou de louer le dvd.

Dans quelle direction poursuivre ce blog ? Quels liens établir?
Deux possibilités : ou bien partir de l'actrice Marina Hands pour être à l'écoute de voix
d'actrices de théâtre; ou bien se baser sur le titre du film pour retrouver l'univers de la peinture...
Patience...


# Posted on Monday, 20 August 2007 at 7:36 AM

Edited on Wednesday, 22 August 2007 at 2:29 AM

Labialorama, du bout des lèvres... (1)

Labialorama, du bout des lèvres... (1)
Que ne ferait-on pas pour l'amour de l'art ?!

Voyez cette jeune française d'origine cambodgienne qui, en Avignon, le 24 juillet, a commis le crime d'embrasser un tableau de Cy Twombly ...d'une blancheur immaculée ! Subjuguée par l'œuvre, elle y a laissé la marque de toute son adoration pour l'artiste américain, et la marque de... son rouge à lèvres ! Or, le triptyque dont fait partie la fameuse toile, est estimée à 2 millions d'euros ! Par conséquent, l'affaire est passée au tribunal le 16 août.

La jeune femme, Rindy Slam, trente ans, est persuadée d'avoir embelli le tableau en posant ses lèvres d'artiste (c'est ainsi qu'elle se présente). Elle a déclaré : « J'assume mon acte. Cette toile blanche m'a inspirée. On me dit que c'est interdit de faire des choses pareilles, mais c'était totalement spontané ». Se présentant non coupable, Rindy Slam voit l'affaire reportée au 9 octobre, devant le tribunal correctionnel.

On connaît les plus célèbres actes de vandalisme opérés sur certaines œuvres d'art :

- la Joconde de Vinci, endommagée par une pierre qu' un Bolivien a lancée; démuni d'argent, il cherchait à passer le reste de l'hiver...en prison ;


- la Piétà de Michel-Ange, victime de l'attentat d'un émigré hongrois, Laszlo Toth, se prenant pour le Christ, qui, le marteau à la main, a brisé le bras de la Vierge ! C'était le 21 mai 1972 ;

- la Fontaine de Duchamp (un ready made : un urinoir), objet de la double agression de Pierre Pinoncelli, iconoclaste jusqu'au bout de ses extrémités : en 1993, à Nîmes, il urina dans ladite « sculpture » ! Un soulagement - et un petit coup de marteau- au douloureux prix de 296 000 FF ; il remet la main sur la Fontaine en assénant quelques coups de marteau, de quoi ébrécher la sculpture-urinoir, le 4 janvier 2006, au Centre Pompidou (Paris). Coût de l'opération : 214 000 euros et trois mois de prison avec sursis . Evidemment, ce n'est pas avec le franc symbolique qu'il a tenté de voler lors de son hold-up à Nice en 1975, pour protester contre un jumelage, qu'il peut payer sa dette...

Comme quoi, quand bien même on veut protester en singeant les provocateurs, il vaut mieux laisser pisser le mérinos que de pisser contre le vent ! Si vous souhaitez connaître les raisons de ses actes, cliquez ici

Mais ici, dans cette affaire de baiser, il est question de passion !
Le commissaire de l'exposition, Eric Mézil, préfère lui parler de « viol » d'une œuvre d'art !
Méfiez-vous donc de vos amours tous azimuts, car cela peut coûter très cher. C'est ce que risque d'apprendre à son tour cette Française d'origine cambodgienne (...)

(Suite dans l'article ci-dessous)





# Posted on Tuesday, 21 August 2007 at 9:58 AM

Edited on Thursday, 23 August 2007 at 7:13 AM

Labialorama, du bout des lèvres... (2)

Labialorama, du bout des lèvres...  (2)
(...) Encore heureux que Rindy Slam soit d'origine asiatique. Pensez un moment qu'elle soit de souche africaine, d'Ethiopie, tout imprégnée des pratiques de sa communauté d'origine (celle des Surmas par exemple). Le désastre eût été immense. Imaginez-la en effet en « femme-plateau », émerveillée devant le tableau de Twombly , posant sur la toile un "french kiss"!!! Le labret, c'est-à-dire ce disque de la taille d'une assiette qui est inséré dans l'incision de l'une des deux lèvres, aurait fait bien des dégâts, non ? ! Oserais-je contacter son avocat pour alimenter de la sorte son argumentaire ?! Il ne faudrait surtout pas évoquer les arguments des détracteurs de l'art contemporain (la chose est in-discutable désormais), lesquels n'ont sûrement que faire de la sincérité des déclarations de Rindy Slam ; autrement dit, savoir si elle a le cœur sur les lèvres leur importe peu !

Au fait, n'eût-il pas mieux valu que Rindy Slam ressemblât à nos ancêtres les singes ? Les affres de l'amour de l'art auraient été moindres. Comprenez bien. Si nous prenons la peine de comparer nos lèvres à celles de nos cousins primates, nous constatons que, chez eux, la surface tendre et charnue est tournée vers l'intérieur, alors que chez les humains elle est bien visible. Donc, si Rindy Slam avait eu un visage simiesque fortement marqué, l'empreinte de ses lèvres aurait été infime, tout le contraire de la marque d'une « bouche de truite » (c'est ainsi que sont cruellement taxées les lèvres en « piqûres d'abeille », c'est-à-dire celles chirurgicalement amplifiées !).

Un autre argument possible en faveur de Rindy Slam : elle ne fait que continuer la grande tradition des « fous amoureux de l'art » qui remonte à l'Antiquité. Vous savez peut-être ce que racontaient les Grecs admiratifs devant la première statue de nu féminin, une Aphrodite sculptée par Praxitèle : un Athénien aurait été si épris d'amour pour cette déesse en marbre qu'il se serait uni à elle en y laissant la trace de son désir !

Dans l'affaire qui nous occupe, il sera certes plus difficile de redonner toute la virginité à l'œuvre de Twombly. Mais plusieurs laboratoires de cosmétiques ont déjà fourni aux futurs restaurateurs les composantes chimiques de leurs rouges à lèvres afin de nettoyer le tableau. Argument probant, non ?! Leur composition est généralement tenue secrète par les grandes firmes. On peut les comprendre dans la mesure où elles s'inspirent peut-être des mixtures grecques du IVè siècle avant Jésus-Christ pour élaborer les colorants labiaux : ocre rouge, graisse animale, teintures de plantes, salive humaine, sueur de mouton et excréments de crocodile !

Et puis, l'avocat de Rindy Slam ne devrait-il pas également rejeter la faute sur les législateurs français qui n'ont pas su, comme leurs confrères anglais du 18è siècle, prendre la décision radicale d'interdire le rouge à lèvres ! La raison à l'époque ? Inquiets, certains hommes éprouvaient le risque d'être embarqués dans un mariage qu'ils ne voulaient pas à la vue de femmes aux lèvres éclatantes ! Ces envoyées d'Eros réagirent : elles suçèrent des bâtons de grenadine ou se pincèrent les lèvres avant leur entrée dans une réception.

Enfin, la seule défense qui vaille, c'est de rappeler aux membres du tribunal que les lèvres, et leurs marques, transmettent de puissants signaux sexuels car, et ce n'est pas qu'une simple question de terminologie, il existe des analogies que nous ne pouvons évoquer ici ... Donc, s'il doit y avoir procès, ce ne peut être que dans le cadre du harcèlement sexuel ! Finalement, on n'est pas si loin de l'accusation portée par Eric Mézil, le commissaire de l'exposition d'Avignon, qui parlait de
« viol ». Et si l'on rattachait à ces éléments une information inscrite dans le fameux rapport Kinsey selon laquelle certaines femmes sont capables d'atteindre l'orgasme lors de baisers soutenus ( !), il y aurait de quoi changer la nature du procès ! De mon côté, me voilà contraint de modifier la première phrase de cet article (cadre précédent) :

"Que ne ferait-on pas pour l'amour de l'art - iste ! "


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# Posted on Tuesday, 21 August 2007 at 12:03 PM

Edited on Tuesday, 21 August 2007 at 3:21 PM