Coïncidence : une séquence d'un film que j'ai revu ce jeudi 11 août 2005 sur Arte, à savoir Pluie noire d'Imamura (1989), m'a fait penser à la chanson d'Auberson, « Cheveux noirs », que j'évoquais plus haut. Laissez-moi dire deux mots à propos de ce long métrage japonais.
Cliquez ici pour voir une séquence du film (invitation à acheter le dvd du film).
Sur l'image ci-contre que j'ai extraite du film, vous voyez le personnage d'Yasuko , une poignée de cheveux dans la main. Elle est une jeune fille qui vit tomber sur elle , le 6 août 1945, une pluie noire, grasse, et radioactive. Cinq ans plus tard, son oncle tente de la marier, mais les prétendants occasionnels renoncent à l'épouser, se méfiant d'un développement ou d'une transmission de maladies. Yasuko trouve un réconfort moral auprès d'un voisin qui, au bruit d'un moteur, perd la raison croyant revivre l'horreur qu'il a connue, celle de la guerre.
Ce film, c'est un réel chef-d'œuvre de simplicité et de puissance évocatrice que ne manque pas de renforcer le choix du noir et blanc. Il se caractérise aussi par une intensité dramatique,
une pudeur et un dépouillement que l'on retrouve dans la chanson d'Auberson. De plus, Yasuko, interprétée par Yoshiko Tanaka, n'est pas sans rappeler le personnage de « Cheveux noirs » dont je retranscris ici un passage :
« Le lendemain, toute seule, elle arracha ses cheveux .
Le lendemain , toute chauve, comme un vieux ».
Je vous laisse à votre curiosité si vous souhaitez approfondir ces liens entre la fiction et la chanson...
Certes, je pourrais aborder le film d'Alain Resnais Hiroshima mon amour, mais pour le moment, je préfère exprimer ma consternation à propos du traitement médiatique des 60 ans de « l'événement Hiroshima ». En effet, le 6 août 2005, France 2 n'ouvrit même pas son journal de 20 heures par ce sujet ! Il n'en fut question qu'au milieu du journal, comme s'il s'agissait d'un événement lointain n'appartenant qu'aux Japonais. Indigné aussi d'avoir laissé l'essentiel des commentaires à des militaires américains, à cent lieues de regretter le bombardement. Point de développement critique : il faut croire que l' événement ne fut pas assez apocalyptique... Je m'interroge alors sur la manière dont les médias américains ont dû relayer l'événement. De quoi frémir assurément...
Et dire que l'on parle si souvent du devoir de mémoire ! Encore faut-il que celle-ci ne soit pas nonchalante ou exagérément sélective ! Et c'est là que l'on apprécie tout le travail d'Imamura qui, par sa fiction, nous ramène de près à la réalité d'une humanité inhumaine ! Merci Arte pour la diffusion de Pluie noire, un film qui dut déranger le jury du Festival de Cannes 1989 l'estimant peut-être trop douloureux ou ravageur. Les jurés se contentèrent de lui attribuer le prix de la Commission Supérieure Technique...
Revenons à France 2 : la première semaine d'août fut catastrophique du point de vue déontologique : à deux reprises, Zidane a fait la une ! Il faut croire que la face du monde s'en trouve changée ! Mais c'est vrai : si la médiatisation du sport n'existait pas, combien céderaient au « monstre délicat » de l'Ennui !!! Hum...
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Sur l'image ci-contre que j'ai extraite du film, vous voyez le personnage d'Yasuko , une poignée de cheveux dans la main. Elle est une jeune fille qui vit tomber sur elle , le 6 août 1945, une pluie noire, grasse, et radioactive. Cinq ans plus tard, son oncle tente de la marier, mais les prétendants occasionnels renoncent à l'épouser, se méfiant d'un développement ou d'une transmission de maladies. Yasuko trouve un réconfort moral auprès d'un voisin qui, au bruit d'un moteur, perd la raison croyant revivre l'horreur qu'il a connue, celle de la guerre.
Ce film, c'est un réel chef-d'œuvre de simplicité et de puissance évocatrice que ne manque pas de renforcer le choix du noir et blanc. Il se caractérise aussi par une intensité dramatique,
une pudeur et un dépouillement que l'on retrouve dans la chanson d'Auberson. De plus, Yasuko, interprétée par Yoshiko Tanaka, n'est pas sans rappeler le personnage de « Cheveux noirs » dont je retranscris ici un passage :
« Le lendemain, toute seule, elle arracha ses cheveux .
Le lendemain , toute chauve, comme un vieux ».
Je vous laisse à votre curiosité si vous souhaitez approfondir ces liens entre la fiction et la chanson...
Certes, je pourrais aborder le film d'Alain Resnais Hiroshima mon amour, mais pour le moment, je préfère exprimer ma consternation à propos du traitement médiatique des 60 ans de « l'événement Hiroshima ». En effet, le 6 août 2005, France 2 n'ouvrit même pas son journal de 20 heures par ce sujet ! Il n'en fut question qu'au milieu du journal, comme s'il s'agissait d'un événement lointain n'appartenant qu'aux Japonais. Indigné aussi d'avoir laissé l'essentiel des commentaires à des militaires américains, à cent lieues de regretter le bombardement. Point de développement critique : il faut croire que l' événement ne fut pas assez apocalyptique... Je m'interroge alors sur la manière dont les médias américains ont dû relayer l'événement. De quoi frémir assurément...
Et dire que l'on parle si souvent du devoir de mémoire ! Encore faut-il que celle-ci ne soit pas nonchalante ou exagérément sélective ! Et c'est là que l'on apprécie tout le travail d'Imamura qui, par sa fiction, nous ramène de près à la réalité d'une humanité inhumaine ! Merci Arte pour la diffusion de Pluie noire, un film qui dut déranger le jury du Festival de Cannes 1989 l'estimant peut-être trop douloureux ou ravageur. Les jurés se contentèrent de lui attribuer le prix de la Commission Supérieure Technique...
Revenons à France 2 : la première semaine d'août fut catastrophique du point de vue déontologique : à deux reprises, Zidane a fait la une ! Il faut croire que la face du monde s'en trouve changée ! Mais c'est vrai : si la médiatisation du sport n'existait pas, combien céderaient au « monstre délicat » de l'Ennui !!! Hum...
