Temps de vacances, temps de lectures...

Temps de vacances, temps de lectures...

Encore un coup de rouge ? Non, non, marquons une courte pause...

Les citations sur le thème de la lecture foisonnent. Laquelle retenir ? Peut-être celle d'André Gide qui convient le mieux en cette période de vacances qui demande une mise à distance par rapport à l'agitation quotidienne :

« Pour moi, lire un livre, c'est m'absenter quinze jours durant avec l'auteur ».

On le sait, les raisons qui poussent l'individu à lire sont diverses : se distraire, s'évader, se comprendre, connaître l'autre, apprendre le monde, s'enrichir,... Oserions-nous hiérarchiser ces motivations à l'heure où l'activité de lecture équivaut à la pure consommation d'un bien, comme l'on boirait une potion « cacaféïnée » ?! Allez ! Etre dans l'air du temps, c'est ne pas se prononcer, c'est offrir à quiconque la possibilité de s'exprimer, sans trancher. Lisez la presse aujourd'hui avec ses pages « Débat » ou « Opinions » où tout et son contraire se publient sans qu'il y ait une prise de position éditoriale. Vertu démocratique ou crainte du gouffre financier ?...

Alors quoi ? J'ai bien mon idée sur l'excellence de la lecture mais j'entends simplement vous laisser goûter à la métaphore d'Hugo, toute banale qu'elle paraisse :

« Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas ».

Il sera bientôt question des livres que j'ai lus récemment. Et le thème du rouge ? J'y reviendrai par la même occasion.

(Photo : Charlotte lisant, gisant dans la couleur complémentaire du rouge )
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 05 août 2006 08:28

Modifié le mercredi 16 août 2006 11:40

Carton rouge !

Carton rouge !
Carton rouge pour le sport professionnel : Landis, Gatlin, Juventus, et bien sûr Zidane! Et que dire de cet hommage à l'insolence (coup de tête justifié car insulte) de la part des « supporters », des plus jeunes aux plus âgés et non avisés. Certes, il n'y a pas d'âge pour la Bêtise, mais quand on la relaie pour l'étaler devant des milliers de téléspectateurs, il y a de quoi faire rougir de colère tout visage pâle !

Je pense ici à ce que j'ai pu entendre sur une chaîne publique française, au lendemain de l'agression. Une femme était interviewée; elle tint ce propos :
« Si j'avais été à la place de Zidane, j'aurais donné un coup de poing à l'arbitre (...) Un seul regret : Zidane n'a pas cassé le nez de l'Italien ».

Une fois de plus, le problème n'est pas que certains esprits défaillent (l'homme est ce qu'il est, malheureusement), mais que les journalistes se contentent de répercuter « l'information » sansl'accompagner du moindre discours critique ! Vraiment, on s'interroge sur la nature de la mission de la télévision publique! Mais bien sûr, on veut faire parler tout un chacun. Soit, mais tous les points de vue se valent-ils ? J'imagine un enfant quelque peu turbulent déjà, entendant les paroles de cette femme : il risque d'abonder dans le même sens si aucun autre discours ne corrige ce qu'il faut bien nommer les effets du ressentiment ou de la frustration.

Il n'y a pas que le geste de Zidane et son absence de regret d'ailleurs (qui, semble-t-il, n'a étonné aucun journaliste ! On ne bouscule pas un mythe...) qui puissent raviver les pulsions agressives, il y a également l'omission d'une parole objective et morale. Et il ne faut pas la chercher, cette parole, chez les trublions. Jamel Debbouze ne s'est-il pas exprimé (croyant aux propos racistes de l'Italien, ce qui n'excuse en rien le petit rigolo) en affirmant que pour « tous les Matterazi de la planète qui se comportent comme lui, c'est le salaire minimum » , ajoutant un dernier bravo à Zidane pour le coup de boule !

Ainsi, pour plus d'un, « le geste transgressif devient jurisprudentiel » (A. Finkielkraut). Dans son émission-débat « Répliques » du 22.07.06, l'écrivain A. Finkielkraut, pourtant quelque peu aveuglé par son amour du foot, considérait cette réalité avec effroi: « La violence sur les terrains, oui, elle existe, et les provocations devraient être elles-mêmes interdites. Mais le mot « respect » change de sens en France. Ce n'est plus le respect de la forme, c'est se faire respecter. Le respect de la s½ur remplace le respect de la règle ; ça veut dire que c'est la loi des cités qui entre dans la cité. ».

Et bizarrement, ces soi-disant amuseurs de l'écran qui font illico la leçon aux responsables politiques détenteurs temporaires d'appartements de fonction trop spacieux, fréquentent, imperturbables, les stars du ballon rond, ne s'offusquant guère des fortunes de ces nouveaux héros. Tout au plus, ils en rient...

Et dire que j'ai suivi tout cela d'assez loin ! Il y avait déjà de quoi lancer un coup de...gueule, non ?! Trop peu d'espace a d'ailleurs été consacré et sur les chaînes à la critique de cette compétition footballistique. On ne rompt pas le charme qui opère...et qui endort. Cette idée, vous la retrouverez dans l'ouvrage virulent de Jean-Marie Brohm et de Marc Perelman intitulé Le football, une peste émotionnelle, (Folio actuel,122).

Retrouvez J-M Brohm dans un extrait de l'émission de l'excellent Frédéric Ferney (La 5, Le bateau livre) en cliquant ici.

Amateur de foot à certaines heures et admiratif à l'égard de tous ceux (entraîneurs, joueurs,...) qui refusent la tricherie, l'agressivité, la provocation et la simulation, je vous laisse cependant avec cette phrase de J-M. Brohm, sociologue et ancien professeur d'éducation physique, phrase extraite de «Répliques » et relative aux enjeux financiers de ce sport :

« Il faut arrêter de mythifier l'équipe « Black-blanc-beur » ou « Bleus-bleus-bleus » ; ces Bleus-là sont des mercenaires en crampons qui vont au plus offrant, et cette tendance-là est irréversible ! » .

La glorieuse...certitude du sport ?
Triste perspective...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 08 août 2006 10:50

Modifié le vendredi 01 juin 2007 02:56

L'art, ça déménage !

L'art, ça déménage !
Le temps des vacances est un temps de lectures (patientez un peu), c'est aussi le temps de l'écoute radiophonique à différents moments de la journée. Le 8 août, sur France-Culture, on a pu entendre les propos de Jean Monneret répondant aux questions de David Artur.
Né en 1922, Jean Monneret est historien d'art, peintre et graphiste ,aux titres et aux récompenses multiples, Sa peinture figurative ne m'attire pas (encore) vraiment. Mais là n'est pas le sujet. Lisez-le plutôt :

« Vous avez un jeune artiste - il s'agit de Simon Starling - qui a eu le prix Turner l'année dernière. Il a vu une baraque en planches déglinguée au bord du Rhin.
Il s'est dit :
« Oh ! Je la transporte à la Tate Gallery dans le musée ! »

C'est une ½uvre d'art et il obtient le prix Turner : 25 000 livres Sterling et il faut surtout que ce Monsieur annonce qu'il n'aime ni peindre, ni dessiner. Il ne sait ni peindre ni dessiner. Rendez-vous compte. Ce n'est pas un escroc, mais ce n'est pas un visionnaire. Le visionnaire c'est Duchamp (...) Plus vous avez une idée saugrenue, plus vite elle va arriver sur le podium et c'est un million de dollars (...) Je n'inciterais pas un jeune à aller aux Beaux-Arts car il n'apprendrait pas à dessiner mais il apprendrait à parler de la peinture, mais dans ce cas il ne faut pas aller aux B-Arts, mais à la faculté »

Bribes d'interprétation trouvées sur « fluctuat.net » :

« Cabane en bois trouvée sur les rives du Rhin, elle a été démontée sous forme de bateau à Bâle avant de redevenir cabane à la Tate. L'½uvre permet par l'utilisation d'un matériau naturel écologique – et la possibilité de construire, démonter et reconstruire sous une forme différente – de questionner les moyens utilisés dans la construction contemporaine. Et donc, de planche en planche, la manière dont l'homme concomme. »

A vous d'apprécier...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 19 août 2006 09:22

Divine Cécilia !

Divine Cécilia !
Cette critique de Jean Monneret pourrait être –je m'avance peut-être un peu vite- celle de Jean Clair, historien de l'art, polémiste, commissaire de nombreuses expositions parisiennes, Jean Clair dont j'ai lu Le Journal atrabilaire (Gallimard,2006).

A lire ce titre, on serait tenté de considérer Jean Clair comme un Alceste contemporain. Et pourquoi ne pas entendre ceux qui refusent d'applaudir à tout va sans pour autant se perdre dans le désert ?! Mais détrompez-vous, il magnifie aussi certains artistes dont la sublime Cécilia Bartoli (photos : C.B. chantant Vivaldi, « Gelido in ogni vena » ).

Jean Clair écrit à son sujet :

« Tout le temps qu'elle chante, son visage prendra par instants l'aspect du prosopôn antique, la voix qui sort du masque, la face gonflée, joues boursouflées, lèvres serrées parfois, comme soufflant dans une flûte invisible(...)

Elle est absente à elle-même, les traits déformés par l'effort, la douleur ou l'extase, roulant des yeux, le cou gonflé par la fureur ou apaisée, lissée par l'amour, mais toujours laissant surgir de sa bouche distendue une voix plus ancienne qu'elle, possédée par une présence surhumaine qui nous subjugue à notre tour . Elle est comme envoûtée, la voix jaillissant des abîmes de la douleur ou de la félicité (...)

Le dernier écho éteint, alors que, saisi, on ose à peine applaudir, elle reste quelques instants absente, et puis voici qu'elle réintègre, comme au début, le corps qu'elle a quelques instants quitté. Elle revient à elle, elle revient sur terre, étourdie, étonnée d'être là » (ultime photo).

Pourquoi ne pas la voir et l'entendre dans ses pirouettes vocales (même si ce n'est pas la musique que vous préférez), interprétant "Agitata da due venti" de Vivaldi ? Allez-y, cliquez ici.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 19 août 2006 09:29

Modifié le vendredi 01 juin 2007 02:54

Voix d'outre-tombe, voix immortelles...

 Voix d'outre-tombe, voix immortelles...
Humeur sombre, tumeurs sourdes , humour sobre...

Que de voix chères se sont tues récemment, voix qui m'ont valu tant de plaisir : Sol (Marc Favreau, 2005), Raymond Devos (juin 2OO6), Bertrand Jérôme (Papous,France-Culture, juillet 2006), Bernard Rapp (août 2006), respectivement à 76, 80, 83 et 61 ans, autant d'êtres raffinés qui éveillèrent l'esprit, sollicitèrent l'intelligence et la sensibilté.

Quelques dizaines d'années et puis s'en vont... Voix attachantes et captivantes, au timbre et aux modulations particulières, voix qui résonneront encore, malgré tout...Par exemple, celle de Devos et pour l'ouïr, cliquez ici;

ou ici pour entendre et voir B. Rapp présentant un numéro d' Un siècle, un écrivain, en l'occurrence Camus, mort trop tôt, lui aussi. Ou encore,...

... écoutez le superbe hommage de Bruno Coppens à Devos et à Sol. Bruno Coppens, humoriste belge digne de ses deux maîtres !

# Posté le mardi 22 août 2006 16:46

Modifié le lundi 04 juin 2007 09:21