Titre paradoxal, pensez-vous ?
Pas vraiment lorsqu'il est question de la voix qui s'est éteinte, il y a trois ans déjà, avant même d'atteindre la soixantaine : celle de l'historien de l'art Daniel Arasse. Il savait doser érudition, originalité, et humour. J'étais subjugué à l'entendre sur France-Culture lorsqu'il explorait les grandes problématiques de la peinture ou certains tableaux en particulier.
Quel délice de le réécouter grâce à l'enregistrement qui accompagne le texte transcrivant ses propos (Histoires de peintures, France Culture/Denoël, 2004). Sous la forme de fictions narratives, il mena aussi, dans son essai On n'y voit rien (Denoël, 2000), des enquêtes sur des tableaux du Tintoret, de Cossa, de Bruegel, du Titien, de Vélasquez.
A mon programme, la lecture de l'ouvrage intitulé Le détail.Pour une histoire rapprochée de la peinture (Flammarion, 1996), titre révélateur des perspectives subtiles dans lesquelles Daniel Arasse prenait plaisir à nous emmener.
Il faut aussi oser l'entendre sur l'appréciation qu'il porte à propos du succès des musées aujourd'hui :
« A force de rendre ces tableaux visibles par le plus grand nombre possible, il en découle qu'on les voit de moins en moins. Par souci de rentabilité culturelle ... L'abondance des visiteurs fait qu'on ne va pas voir l'exposition des tableaux mais qu'on va rendre un culte à l'exposition des tableaux »
En écho, les mots de Jean Clair : « les pratiques de la culture auraient les mêmes vertus que les ferveurs de la religion défunte, et l'½uvre, débarrassée des superstitions qui lui avaient donné naissance, offrirait d'autant mieux au spectateur, fût-il aveugle, un salut préférable à la grâce, celle que les madones ou les saints de bois colorés de siècles crédules accordaient au fidèle » (in Journal atrabilaire).
Pour connaître l'enchantement, il faut voir et revoir des peintures! Certes, les conditions deviennent de plus en plus difficiles . Par exemple, y a-t-il encore des heures de basse fréquention au musée du Louvre ? Que faire ?
Lire s'impose également, mais on ne peut trop longtemps faire l'impasse sur la rencontre « en direct » avec les ½uvres, comme ces élèves à Orsay devant Le Déjeuner sur l'herbe de Manet, que vous verrez en cliquant ici
ou là si vous souhaitez entendre Daniel Arasse à propos de son point de vue d'historien de l'art.
Pas vraiment lorsqu'il est question de la voix qui s'est éteinte, il y a trois ans déjà, avant même d'atteindre la soixantaine : celle de l'historien de l'art Daniel Arasse. Il savait doser érudition, originalité, et humour. J'étais subjugué à l'entendre sur France-Culture lorsqu'il explorait les grandes problématiques de la peinture ou certains tableaux en particulier.
Quel délice de le réécouter grâce à l'enregistrement qui accompagne le texte transcrivant ses propos (Histoires de peintures, France Culture/Denoël, 2004). Sous la forme de fictions narratives, il mena aussi, dans son essai On n'y voit rien (Denoël, 2000), des enquêtes sur des tableaux du Tintoret, de Cossa, de Bruegel, du Titien, de Vélasquez.
A mon programme, la lecture de l'ouvrage intitulé Le détail.Pour une histoire rapprochée de la peinture (Flammarion, 1996), titre révélateur des perspectives subtiles dans lesquelles Daniel Arasse prenait plaisir à nous emmener.
Il faut aussi oser l'entendre sur l'appréciation qu'il porte à propos du succès des musées aujourd'hui :
« A force de rendre ces tableaux visibles par le plus grand nombre possible, il en découle qu'on les voit de moins en moins. Par souci de rentabilité culturelle ... L'abondance des visiteurs fait qu'on ne va pas voir l'exposition des tableaux mais qu'on va rendre un culte à l'exposition des tableaux »
En écho, les mots de Jean Clair : « les pratiques de la culture auraient les mêmes vertus que les ferveurs de la religion défunte, et l'½uvre, débarrassée des superstitions qui lui avaient donné naissance, offrirait d'autant mieux au spectateur, fût-il aveugle, un salut préférable à la grâce, celle que les madones ou les saints de bois colorés de siècles crédules accordaient au fidèle » (in Journal atrabilaire).
Pour connaître l'enchantement, il faut voir et revoir des peintures! Certes, les conditions deviennent de plus en plus difficiles . Par exemple, y a-t-il encore des heures de basse fréquention au musée du Louvre ? Que faire ?
Lire s'impose également, mais on ne peut trop longtemps faire l'impasse sur la rencontre « en direct » avec les ½uvres, comme ces élèves à Orsay devant Le Déjeuner sur l'herbe de Manet, que vous verrez en cliquant ici
ou là si vous souhaitez entendre Daniel Arasse à propos de son point de vue d'historien de l'art.
