Fin du rouge, faim de bleu...

Fin du rouge, faim de bleu...
Mettons un terme (provisoire ?) à ce fil...rouge. Le rouge qui fut en guerre contre le bleu, du Moyen Age au 18è siècle, et je ne parle pas de politique belge avant l'heure ! Ah l'histoire des couleurs, tout un programme ! A vous de surfer pour en savoir davantage. Il est amusant de noter que dans la Rome antique, avoir les yeux bleus pour une femme, c'est un signe de mauvaise vie, et pour les hommes, une marque de ridicule !

C'est l'occasion rêvée pour vous amener à Spilliaert, peintre belge (1881-1946) dont vous voyez quelques reproductions dont deux autoportraits où vibre le bleu des yeux. Une exposition lui est consacrée dès septembre 2006 au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles.
Pour infos, cliquez ici.
Les œuvres de cet autodidacte rappellent le caractère halluciné et angoissé de certaines toiles de Munch, annoncent par ailleurs la solitude métaphysique de Chirico.

Images de l'absence et du silence, de plages désertes et de paysages nocturnes, de vertiges bleus et de prodige audacieux...

Et puis la mer, la plage d'Ostende où il n'a cessé de se promener.
Après la visite aux Beaux-Arts de Bxl, serons-nous encore « à Ostende comme partout » ?...

Etonnant et radieux ce sourire de Spilliaert, en bonne compagnie (Delvaux, assis sur l'herbe), sur ces images d'archives du cinéaste Storck.
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# Posted on Wednesday, 30 August 2006 at 4:41 PM

Edited on Friday, 08 June 2007 at 2:43 AM

Du bleu à l'âme...

 Du bleu à l'âme...
Bleu de la mélancolie, bleu du « blues »...

Porté au départ par une guitare et une simple voix , celle d'esclaves africains du 19èsiècle travaillant dans les plantations du sud des Etats-Unis, le blues développe souvent les thèmes de la souffrance, de la misère, de l'abandon. La plupart du temps composé sur base de trois accords, il connaît différents styles : « delta blues », « boogie-woogie », « zydeco », « blues-rock », « blues texan »,...

Remontons le temps en regardant des vidéos qui illustrent la variété de ce genre musical.

D'abord, la plus célèbre chanteuse de blues, Bessie Smith (1894-1937). Retrouvez-la en cliquant sur ce lien « Bessie Smith »

Figure emblématique : voix plaintive, expérience de la ségrégation et de la misère, sort fatal.
A la suite d'un accident de voiture, elle a le bras déchiqueté. L'ambulancier perd du temps à trouver un hôpital pour...gens de couleur ! L'hémorragie scelle son destin...

Autre accident pour une autre perle du blues, au style plus électrique, le texan Stevie Ray Vaughan. Il mourut tragiquement en 1989 dans un accident d'hélicoptère après un concert où participaient Clapton et Buddy Guy. Stimulé par son frère Jimmy, il connut le succès et...la descente aux enfers en 1986(drogues, alcool), mais sut rejouer les premiers rôles pour trois années seulement quittant la planète blues à l'âge de 35 ans. Encore une étoile filante ...

A le voir et à l'entendre sur les vidéos en liens, on perçoit tout le miracle du blues : une composition musicale simple, une communion entre l'âme et l'instrument, de la tension dans le jeu, du déchirement dans l'interprétation. Vous le constaterez, on est, en apparence, assez loin du blues de Bessie Smith, mais SRV, avec son style, un son typique et une dextérité déconcertante, sait aussi vous remuer les tripes !

Deux vidéos : la première, un slow blues des plus vibrant: Texas flood ; attendez les deux dernières minutes du morceau, vous serez stupéfaits !

Sur la seconde vidéo, son interprétation ardente de Voodoo Chile ! Crises, envolées, et déchirements garantis!
Sublime !
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# Posted on Thursday, 31 August 2006 at 1:44 PM

Edited on Monday, 04 June 2007 at 9:21 AM

"Roi des Bleus", Zidane ???

"Roi des Bleus", Zidane ???
Peut-être bien car il semble qu'il ait connu les mêmes effets que les étudiants fêtards hypertestéroniens : le perte du contrôle de soi et l'agressivité décuplée !

Mille excuses pour ce retour à Zidane. La faute en incombe à Schneidermann et à son émission « Arrêt sur images » (France 5, dimanche, 12H30) dont vous pouvez voir un extrait en cliquant ici.
Il est question d'un phénomène physiologique qui expliquerait le soutien de nombreux Français à Zidane, à la suite de son agression lors de la Coupe du Monde. Voyez l'extrait.

Qu'en pensez-vous ? Je reste perplexe et me demande si les explications scientifiques n'en viennent pas, au bout du compte, à déresponsabiliser le sujet. L'agression, je peux la revoir maintes fois, elle demeure inexcusable ou plutôt impardonnable. La nuance est de taille...

Excusez-moi encore, mais selon moi, Zidane ne sera jamais un héros, même s'il fut un joueur exceptionnel.

# Posted on Wednesday, 13 September 2006 at 2:45 PM

Edited on Thursday, 14 September 2006 at 10:43 AM

Le bleu, qui ne fait pas de vagues...

Un moment de pause avec Léo Ferré :

« L'amour n'a pas d'âge
Et la mer étale
Là-bas sur la plage,
Non plus n'a pas d'âge
Les mots sont les mots
Toujours mal criés
Pourtant il faut bien
Se servir des mots
Qu'on nous a laissés
Ecrits sur la vie
Criés dans les cris
Des amants lassés »

Ecoutez Ferré chantant ce texte en écho à "La ballade des pendus" de Villon. Il n'était pas aussi spectaculaire que Brel, mais sa voix comme ses textes pouvaient tisser ensemble tendresse et violence... "Words, words..." Il reviendra un jour dans ce blog. Pour l'heure, cliquez ici.

Il est temps de répondre à quelques commentaires.
(Les prochaines réponses devraient figurer dans les commentaires mêmes).

D'abord, le commentaire de la page 2 (article « Cri désespéré ») que je reprends partiellement :

« Ce n'est pas en apprenant l'espagnol 2 ans et un peu plus pour l'anglais que les élèves seront capables de lire du Cervantès ou du Shakespeare »

L'observation est pertinente.
Sans être spécialiste en la matière, j'estime qu'on peut évoquer et citer tel ou tel auteur étranger dans la langue d'origine, ne fût-ce que pour illustrer un point de grammaire ou pour sensibiliser aux potentialités de la langue en question et, par la même occasion, ouvrir l'élève sur la culture du pays de la langue étudiée. Mais il est vrai que si le nombre d'heures de cours est limité, cette ouverture culturelle en souffrira. Ce qui m'ennuie, c'est le « tout communicationnel » qu'une certaine pédagogie privilégie.

Ensuite, à la page 5, on demande une explication du premier vers qui suit :

« Vous voyez pèlerins sur l'autel de Déduit
Vous confondre parmi friandises et fruits »

Qu'entendre par « Déduit « ? Ce mot, participe passé substantivé, signifie globalement « divertissement », et plus précisément « divertissement amoureux », « plaisir charnel».
Dès lors, on peut imaginer des personnages obsédés par la quête effrénée du Plaisir dont ils se font les disciples, une obsession qui semble altérer leurs sens !

Merci à celles et ceux qui laissent des commentaires! Seulement, pour ne pas dénaturer ce blog, il m'a fallu en effacer quelques-uns sans rapport direct avec le contenu d' Eclectiquement vôtre.

J'en profite pour rappeler que ce blog est conçu comme une fenêtre ouverte sur les arts, la culture, qu'il entend faire découvrir, réfléchir et se questionner. Mon statut ressemble à celui des artistes médiévaux qui s'effaçaient derrière leurs oeuvres. C'est tout le sens de mon anonymat (relatif). C'est pourquoi, si vous souhaitez exprimer un commentaire, qu'il soit en rapport avec le contenu d'un article plutôt qu'avec ma personne. J'insiste !

Si vous souhaitez vous adresser à moi pour une raison quelconque, faites-le via un mail. Faites-en d'abord la demande via un commentaire, en vous identifiant clairement afin que je puisse vous contacter à mon tour.
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# Posted on Tuesday, 19 September 2006 at 12:07 PM

Edited on Saturday, 23 September 2006 at 4:05 AM

Bleu sacré

Peintre sur bois, fresquiste aussi, Giotto (1267-1337) est un des principaux annonciateurs de la Renaissance italienne. En effet, il s'est démarqué de la tradition byzantine en matière de peinture sacrée. Avec lui, les personnages s'animent, perdent leur aspect hiératique, trouvent place dans un décor urbain ou naturel qui creusent une troisième dimension . Sur certaines fresques qui défilent à l'image, on perçoit le bleu de cette poudre de pierres importée d'Afghanistan, à savoir le lapis-lazuli.

C'est le bleu du ciel, mais je trouve que c'est aussi un bleu mystique qui remplace, d'une certaine façon, les fonds dorés des peintures byzantines et gothiques.

Un bleu qui a impressionné Yves Klein dont il sera question ci-dessous...
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# Posted on Saturday, 07 October 2006 at 6:20 AM

Edited on Saturday, 07 October 2006 at 7:23 AM