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Vapeurs baudelairiennes

Vapeurs baudelairiennes
Le chien et le flacon

"Mon beau chien, mon beau chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville."

Et le chien, en frétillant la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.

"-Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l' exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies."

in Petits Poèmes en prose
Ch. Baudelaire


Texte déclamé par Walter d'Andréa : un des moments forts de son spectacle poétique consacré à Baudelaire (2007).

Et dire que Baudelaire ne connaissait pas la télévision...
# Posté le jeudi 22 février 2007 10:38
Modifié le vendredi 01 juin 2007 03:43

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